« L'éducation et ses troubles »
Dominique PENÉ
Docteur en Sciences du Langage, Psychologue Clinicien
La question de l'éducation est soulevé dans mes travaux par le fait que selon son type, quelques impacts sont présents chez l'enfants. Avant d'envisager les impacts qu'a toute éducations sur l'individu, il est important de définir ce qu'est l'éducation et différencier ce processus de ses modalités pratiques d'existences.
Le modèle de la théorie de la médiation, de part la diffraction tétralogique opérée, permet de réaliser quelques distinctions. L'éducation, distillée par le parent, vise non seulement en des apprentissages mais à induire chez l'individu à exploiter ses capacités dialectiques. L'éducation s'articule autour de la capacité de l'individu à générer du social et de sa capacité à générer de la norme, c'est-à-dire exploite les rationalités sociologiques et axiologiques. Le pathologique nous permet de différencier, non caricaturalement ces deux rationalités. Ces capacités, naturellement présentes chez tout un chacun, peuvent être forcloses (au sens étymologique du terme), défaillantes ou opérer comme il se doit.
Le pathologique nous oblige donc à différencier ces trois modalités de présence. Si la forclusion de la capacité sociologique est présente dans certains cadres, comme je le propose dans mes travaux à partir de situations cliniques, et interdisant à l'enfant l'accès à l'individualité (au sens étymologique du terme), celui-ci ne pourra accéder à une construction cohérente du social et entrainera une altération profonde de sa participation. En conséquence défaillera aussi, ce qu'on nomme socialisation. Par cette incapacité, l'enfant ne pourra exploiter sa rationalité axiologique, de même qu'il éprouvera des difficultés à exploiter ses capacités glossologiques et ergologiques. Aussi, plutôt que de socialisation, il s'agira d'apprentissage de conduites sociales. Ceci ne veut pas dire que l'enfant n'est pas en mesure d'exploiter ses capacités axiologiques, glossologiques ou ergologiques, mais dans des situations très spécifiques. La socialisation, décrite comme l'apprentissage de la contention des pulsions ou de la frustration, a pour effet la capacité de l'individu à se tenir, se contenir, dans des situations sociales. Nous avons ici l'interférence de deux plans de rationalités (sociologique et axiologique).
Il peut arriver que l'éducation distillée par le parent soit défaillante ou que l'enfant n'accède pas à celle-ci qui apparaît ainsi mal métabolisée. Nous retrouvons ceci, le plus souvent, dans les pathologies dites limites. La clinique nous oblige à bien différencier ces pathologies limites de celles qui peuvent avoir des manifestations symptomatiques très proches. En effet, si je pose dans mes travaux que l'enfant autiste ou l'enfant psychotique n'est pas en mesure de participer au social de par la défaillance du processus de somasie, s'incluant dans la rationalité sociologique, les pathologies dites limites sont à différencier des pathologies autistiques ou psychotiques chez l'enfant car la processus de somasie est présent mais n'opère pas ou inconvenablement et ceci même si des manifestations symptômatiques sont proches, voire identiques.
Dans ces pathologies dites limites, il apparaît donc important de poser un second niveau de différenciation. Il s'agit de cerner ce qui incombe à l'éducation distillée ou à la capacité de l'enfant. Poser ces différences oblige à se rendre compte qu'il faut différencier deux niveaux de troubles. Si évoquer les troubles de l'imprégnation, pour reprendre les termes de la théorie de la médiation, ou les troubles de l'incorporation est nécessaire, dans le cadre de ces pathologies limites, mais quelque fois insuffisant. Lors des interventions, il est important de travailler l'implication du parent et donc sa parentalité et cerner si celui-ci est en mesure d'exercer cette parentalité. Ce terme souvent utilisé est souvent employé dans le cadre de ce qui peut apparaître comme de la dysparentalité. Epistémologiquement et cliniquement, qu'est-ce que la parentalité, la dysparentalité et peut-il y avoir a-parentalité.
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