L'apport de la théorie de la Médiation dans les cadres psychologiques et psychiatriques.

L'intérêt poir moi de l'approche de la Théorie de la Médiation est qu'elle ne conteste pas véritablement les approches psychologiques, psychiatriques ou psychanalytiques, c'est-à-dire qu'elle n'offre pas un autre savoir mais une autre analyse. La clinique a obligé ses auteurs et les cliniciens de tous types connaissant le modèle de positionner un autre regard mais surtout une autre analyse sur les situations rencontrées.

Il est possible d'invoquer l'idée que l'adhésion à une approche oblige à une allégence au modèle. Ceci est partiellement vrai dans la mesure où des précisions ont été apportés et en toute logique il a fallu nommer celles-ci, les réifier. Par ailleurs ce besoin de précision a obligé à utiliser des termes qui ont un sens spécifique en psychologie. Il en est ainsi des termes "objet" qui perd son statut pour n'avoir de sens, dans le cadre de la Théorie de la Médiation, que dans la rationalité glossologique, celle du langage et indépendamment de tout rapport au social et au désir. De même que le terme "sujet", s'il vise à définir l'individu, il est, dans le cadre de la Théorie de la Médiation, désaffecté ; il va de soit que chez tout individu il y a de l'affect, du désir, mais pour rendre compte de certains troubles entrainant une altération importante de la participation au social, il a fallu isoler cette composante non-opérante pour mieux la comprendre et la défaire, conceptuellement, des différentes interférences. Ceci est permis du fait que l'approche médiationniste a cliniquement déterminé quatre rationalités fonctionnant indépendemment les unes des autres même si le normal s'appréhende dans une globalité.

Il s'agit bien d'une rupture épistémologique cliniquement déterminée. En l'état actuelle des connaissances, chacune de ces quatre rationalités exploite un principe logique identique, d'où la tétralogique, qui par ailleurs est le nom de la revue éditée.

Pour le psychologue, pour moi psychologue clinicien, cette diffraction tétralogique a un grand intérêt. Ma clinique autour de la psychose et de l'autisme chez l'enfant, comme indiqué sur une autre page, m'a amené à poser quelques schyses et à ne plus me reconnaître, ou partiellement, dans les approches conceptuelles classiques. De toute évidence, pour rendre compte de ces manifestations pathologiques, et de celles appelées "Etats limites", une séparation conceptuelle devait être réalisée pour rendre compte de ce qui était de la construction de l'individu, de son unité psychique, pris dans le sens global de l'unité somato-psychique, et de ce qui était du champ pulsionnel, de la gestion des désirs et de leurs élaborations. Ces questionnements ont logtemps perdurés. Deux autres questions, existaient mais leurs intensités étaient moindres. La première concernait le rapport du corps, la construction de l'unité somato-psychique, et de l'activité, en termes de gestualité, de production, d'impact. La seconde concernait l'importance du langage dans ces manifestations pathologiques. En effet, j'avais une propension importante à minimiser l'importance de la capacité langagière.

La théorie de la Médiation, de par cette diffraction tétralogique, oblige le clinicien à précisément différencier le symptôme du processus sousjacent au pathos. Ainsi, par exemple, la capacité langagière prise dans un cadre sociologique devient langue et discours si elle est prise dans un cadre axiologique, c'est-à-dire du désir, de la volition. Si chez tout un chacun l'unité est à peu près certaine et la cohérence tangible, il n'est pas toujours ainsi dans le cadre du pathologique. Il est possible de discerner chez certains que n'opère que du discours, attestant symptomatiquement une alteration de la participation au social, alors que chez d'autres l'altération du discours est certain sans qu'il y ait altération de la participation au social. Ceci se retrouve en tous points dans nombres de manifestations autres que dans le champ glossologique, langagier. Usuellement, il est souvent évoqué le langage non-verbal pour désigner des manifestations émanant de l'individu. Le même clivage peut être opéré. Ainsi ces manifestations qui peuvent être symptomatiques, et nécessairement symptomatique du point de vue des conceptions systémiques, perdent leurs statuts pour n'est l'enjeu que de l'une ou l'autre des rationalités. Le plus souvent les manifestations non-verbales ont davantage trait à une problématique en lien avec quelques défaillances axiologiques, c'est-à-dire des volitions. Il s'agit d'un "vouloir dire" qui éprouvent quelques difficultés à être et se manifestent autrement.

Pour le psychologue ou le psychiatre, qui tend à se départir des classifications internationales uniquement basées sur le symptôme ou un catalogue de symptômes, l'apport est important car il devient nécessaire de cerner tous les niveaux de défaillance, de sérier les champs d'intervention avec plus de précisions.